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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 20:38

Un concours décliné en plusieurs possibilités (missive, croquis ou cliché) à visiter à cette adresse :

 

Un billet doux imaginaire que vous rédigerez, dessinerez ou photographierez pour déclarer votre flamme à un(e) inconnue."

 

 

LETTRE À UNE INCONNUE

 

Chère inconnue,


Je me prénomme Marc, et depuis deux mois nous nous voyons chaque jour ; ou pour être exact j’attends votre venue.


Les quelques mètres qui nous séparent, sur cette belle terrasse ensoleillée du Café de Flore, me semblent un océan infranchissable.


Mon cœur palpite et s’affole dès votre arrivée. Vous baignez mes yeux de soleil et je ne sais comment avouer cette passion qui me consume.


Le devrais-je seulement ?


Je vibre au rythme de vos joies et de vos peines. Les sourires qui irradient votre visage inondent mon cœur de plaisir. Vos jours funestes me sont insoutenables.


Il me tarde néanmoins de vous donner cette missive. À mon immense regret, je ne vous reverrai plus. Je ne connaitrai jamais le son de votre voix. Mes jours, mes heures, sont désormais trop courts.


Vous ne vous souviendrez surement pas de moi, je me sens tout en transparence dans vos yeux...


Permettez que j’emporte votre souvenir dans mon voyage à venir, sa beauté saura sans doute me ravir.


Bien à vous,

Marc

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13 avril 2011 3 13 /04 /avril /2011 22:09

Ce poème est magnifique, et personnellement il est un puits dans lequel j'aime par moment puiser un peu de force et de motivation. Ne pas le prendre comme moralisateur, car il ne l'est pas. La première fois que j'ai lu ce texte, je vivais une période qui devait être déterminante pour moi. Depuis, il ne me quitte pas, et malgré ce que certains arguent, j'aime cette incitation à l'humilité qui en découle. Après tout, nous ne sommes rien dans cet univers, mais la folie de l'homme se refuse à l'admettre...

Certaines situations de la vie amènent l'homme à devenir mauvais, aigri, et j'en passe ; et si la solution était, non pas de céder aux réactions primaires - bref la solution de facilité -  mais de lutter afin d'accéder à une plus grande sagesse ? 

 

 

 

 

TU SERAS UN HOMME MON FILS 

(titre original : if) -> traduction française d'André Maurois (1918)

Si tu peux voir détruit l'ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou, perdre d'un seul coup le gain de cent parties 
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d'amour,
Si tu peux être fort sans cesser d'être tendre
Et, te sentant haï sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d'entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d'entendre mentir sur toi leur bouche folle,
Sans mentir toi-même d'un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire, 
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois 
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère 
Sans qu'aucun d'eux soit tout pour toi ; 

Si tu sais méditer, observer et connaître 
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur; 
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maître, 
Penser sans n'être qu'un penseur ; 

Si tu peux être dur sans jamais être en rage, 
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage
Sans être moral ni pédant ; 

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite 
Et recevoir ces deux menteurs d'un même front, 
Si tu peux conserver ton courage et ta tête 
Quand tous les autres les perdront, 

Alors, les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire 
Seront à tout jamais tes esclaves soumis 
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras un Homme, mon fils. 

Rudyard Kipling (1865 - 1936)

IF

If you can keep your head when all about you 
Are losing theirs and blaming it on you ; 
If you can trust yourself when all men doubt you, 
But make allowance for their doubting too ; 
If you can wait and not be tired by waiting, 
Or, being lied about, don't deal in lies, 
Or, being hated, don't give way to hating, 
And yet don't look too good, nor talk too wise ;

If you can dream - and not make dreams your master ; 
If you can think - and not make thoughts your aim; 
If you can meet with triumph and disaster 
And treat those two imposters just the same ; 
If you can bear to hear the truth you've spoken 
Twisted by knaves to make a trap for fools, 
Or watch the things you gave your life to broken, 
And stoop and build 'em up with wornout tools ;

If you can make one heap of all your winnings 
And risk it on one turn of pitch-and-toss, 
And lose, and start again at your beginnings 
And never breath a word about your loss ; 
If you can force your heart and nerve and sinew 
To serve your turn long after they are gone, 
And so hold on when there is nothing in you 
Except the Will which says to them: "Hold on" ;

If you can talk with crowds and keep your virtue, 
Or walk with kings - nor lose the common touch ; 
If neither foes nor loving friends can hurt you ; 
If all men count with you, but none too much; 
If you can fill the unforgiving minute 
With sixty seconds' worth of distance run - 
Yours is the Earth and everything that's in it, 
And - which is more - you'll be a Man my son ! 

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 18:07

 

 

Piégé

 

Par David LASSALLE

 

Albert est un septuagénaire qui a eu une vie pleinement remplie. Il a sucé la moelle de ces années jusqu’à la lie. Heureux à n’en plus finir, il a dilapidé tout ses sens dans les plaisirs du temps qui passe. Sans se soucier du lendemain.

 

Aujourd’hui Albert arrive au terme de sa route. Le choix est simple : vivre ou mourir. Le noir et le  blanc ; Le Ying et le Yang. Retourner à la surface tout étant amoindri physiquement plus que psychiquement, ou se laisser glisser dans les limbes de l‘inconscience. Albert est un battant qui ne supporte pas l’inactivité. Déjà les quelques heures passées dans cette chambre où règne une nuit noire et pesante lui sont plus que douloureuses. Insupportables.

 

Il sent son corps comme étant en train de vivre un inexorable changement, une lutte contre l’immobilité. Mais voilà, Albert ne peut plus remuer, les membres gourds, sensation pesante et désagréable. Son cerveau lui fait bouger bras, doigts, jambes, sans le moindre problème. Sauf que cela ne reste qu’une sensation, parmi tant d’autres.

 

Une infirmière entre dans la chambre, vérifiant que les appareils qui émettent ces bips caractéristiques n’indiquent pas de fausses données.

 

Albert tourne la tête vers ces bruits de pas qui s’approchent de lui. Toujours très alerte il veut en profiter pour faire du gringue à la personne qui possède une démarche aussi chaloupée, invitant les regards à la chasser des yeux. Cette manière de marcher ne peut venir que d’une femme ! Après tout il a encore un beau succès auprès de la gente féminine, alors pourquoi s’en priver ! Mais pourquoi n’allume t-elle pas la lumière bon sang !

 

Jenny regarde cet homme allongé sur le lit. Il n’en a certainement plus pour longtemps se dit-elle. Les machines qui le maintiennent en vie sont stables, mais pour combien de temps ? Les néons qui illuminent la pièce donnent à ce corps une étrange pâleur maladive. Le métier d’infirmière est souvent difficile face à des corps qui semblent en vie et qui pourtant laissent s’échapper lentement le souffle vital.

 

Albert entend la respiration de cette invisible compagne qui se plait dans le noir. Des soupirs viennent ponctuer cet échange silencieux. C’est à ce moment précis qu’il prend conscience que quelque  chose cloche, que l’instant dérape. Une peur panique s’empare soudainement de lui et le pousse de façon irrépressible à crier. Le son dissonant et muet résonne dans sa tête sans franchir le barrage de ses lèvres. Une étrange vague de lucidité lui fait alors ressentir un bien étrange sentiment. Les réminiscences d’un accident se font de plus en plus précises.

 

Jenny se dirige vers la porte afin de sortir de la chambre, mais ne peut s’empêcher de jeter un dernier coup d’œil vers ce corps désespérément immobile. Une marionnette serait plus expressive, se surprend-elle à penser. Nous sommes si peu de choses. Un simple accident vasculaire cérébral et on risque de se retrouver prisonnier d’une enveloppe qui devient tout bonnement inutile.

 

La porte se referme, les pas s’éloignent vers un autre patient à surveiller. Albert écoute ce murmure de vie qui s’éloigne. Son organisme lui envoie des sensations si vives. La peur, l’incompréhension, la colère, se succèdent, s’entrechoquent. Il sent son corps transpirer, sensation futile qui ne restera qu’une impression.

 

Il se revoit marchant vers sa Porsche Cayenne, magnifique modèle noir corbeau aux vitres fumées. Un engin racé fait pour ceux qui mordent la vie à pleines dents. C’est alors que le rideau se baisse, que la scène se dérobe sous ses pieds. La main qui n’atteint pas la portière, un voile noir comme une toile épaisse qui le plonge dans le noir. Le réveil, s’il en est un, ne s’est produit que dans son cerveau, son corps refusant le moindre mouvement, reniant la vie qui brule encore en lui. L’attitude de l’infirmière est sans équivoque possible ; il est devenu un légume comme on dit, prisonnier de cet emballage de chair qui est désormais arrivé à la date de péremption.

 

Albert sombre à nouveau dans le coma. L’artère cérébrale, rétrécie par l’athérome ne permet plus une circulation optimum du sang dans le cerveau. Lorsque le flux sanguin se calme, la pression artérielle redescend pour quelques temps, permettant à Albert de remettre un pied dans la douloureuse réalité.

 

Il entend plusieurs personnes s’affairer autour de lui, vérifier son pouls, et le bon fonctionnement des appareils le maintenant en vie. C’est alors qu’un infirmier lève la voix en appelant le médecin via l’intercom de communication de la chambre. Le bras du patient bouge dit-il. D’abord les doigts, ensuite le reste du membre. Signe positif qui laisse entrevoir une issue favorable selon lui.

 

Albert exulte d’entendre cette voix qu’il trouve très avenante, vu la bonne nouvelle qu’elle annonce ! La vie est plus forte que tout songe t-il… juste avant qu’une douleur inimaginable le transperce de part en part et se propage dans tous son corps. Le rythme cardiaque s’accélère, alors que le sang cherche un chemin à tout prix dans son cerveau abimé. La cage charnelle dans laquelle il est confiné se meurt petit  à petit, envoyant des signaux d’un improbable retour à la normale. Emmuré vivant mais possédant toute sa lucidité ; qu’y a-t-il de pire ? Il en vient à se débattre comme un damné contre ce mal qui le ronge, cette douleur innommable, mais son corps reste fixe et immobile. C’est comme s’il percutait le pare-brise de son automobile à pleine vitesse. Une pluie d’éclats multicolores l’envahit alors que son cœur entame sa dernière ligne droite. L’artère cérébrale éclate sous l’effet de la pression sanguine.


Les battements cardiaques amorcent l’ultime sprint vers la libération. Albert, dont les plus belles images de sa vie filent sans prendre le temps de s’arrêter, sent que la course s’achève enfin. A mesure que les pulsations s’espacent, la respiration se fait difficile. L’hémorragie cérébrale se répand petit à petit. Un nuage l’enveloppe de douceur, le déconnectant de tout ce qui l’entoure. Son ultime pensée est pour ses enfants qu’il n’a pas vus depuis plus de dix ans. Le cœur d’Albert s’arrête quelques secondes plus tard, figeant sur son visage un sourire triste. La cage s’ouvre, le libérant de ses tourments.          

 

 

Mal au corps

 

 

Par Myrine LEROY

 

Mon cœur est gros, plein de ce que je pourrais donner mais que vous ne savez pas recevoir. Vous ne voulez pas voir ce corps déformé, vous ne pouvez pas le regarder. Il vous dérange par ses formes grotesques et les positions étranges qu’il invente, malgré lui. Ses gestes ne sont pas les miens, mais vous les interprétez comme tels. Je ne suis pas maître de cette main qui s’agite, de ce pied qui pend, de cette bouche qui écume. Mes yeux roulent, ma tête oscille ; je suis une marionnette désarticulée, le pantin d’une maladie rare, d’une différence. Je suis un monstre.

 

Derrière mes éternelles grimaces, je cache une âme semblable à la votre. Comme vous, je pense, j’aime et je déteste. Plus que vous, je souffre car je suis la prisonnière de cette cage, enfermée dans ce corps qui se tord et qui obéit à des ordres invisibles. Je n’ai aucun répit. Mes nuits sont ponctuées de mille spasmes. Le sommeil qui pourrait me rapprocher de vous m’est volé par l’agitation de mes muscles fous.

Je n’ai pas 20 ans, pourtant mon esprit est plus vieux d’avoir déjà enduré l’incompréhension, vécu le rejet et pire que tout, connu l’indifférence. Toujours assis, mon corps se cabre, m’obligeant à me terrer, à vouloir disparaître. Depuis ma fenêtre, je vois la vie telle qu’elle vous est offerte. Verticale, mobile dans la raison, souriante et féconde, elle défile loin de moi, sans moi.

Je ne peux que l’approcher, jamais véritablement m’y mêler. Je voudrais pouvoir vous la conter, mes mots sont aussi désarticulés. Je voudrais pouvoir vous l’écrire, mes doigts ignorent les pleins et les déliés. Je voudrais pouvoir vous la transmettre, mon regard ne sait pas se poser. Je la crie à l’intérieur de moi, je l’étouffe puisqu’elle m’empêche parfois de respirer.

 

Mes barreaux retiennent des sentiments et des émotions qui accélèrent mon pouls ou coulent sur mes joues dans des rivières que le temps ne pourra jamais assécher.

Je sais rêver. Je le fais quand j’aperçois cette silhouette ou que j’entends ces pas. Quand son regard effleure ma fenêtre avant de détourner la tête, quand sa voix grave appelle ce petit être à quatre pattes qu’il promène tous les soirs. Je rêve d’un autre corps, d’un sourire, de ses doigts sur moi. Je m’évade alors le temps d’une pensée, l’instant d’une pause dans mon existence condamnée. Mon cœur s’envole vers lui et me reviens abîmé.

Les seules paumes qui me touchent sont celles de cette vieille infirmière à qui je me livre sans me délivrer. Ces mains me font horreur, me font mal. J’ai froid quand elle me prend contre elle. J’aurais chaud s’il me tenait ne serait-ce que le bras, une fois.

Je ne suis pas belle, je ne suis pas celle qu’il aimera. Demain se fera sans lui.

 

Je n’ai pas 20 ans et je ne veux pas en avoir davantage. Puisque j’effraie, puisque je fais honte, je veux me défaire de mon corps, me libérer. Ma tête éclate sur ces épaules qui ne la soutiennent pas.

Je veux m’envoler, quitter cette enveloppe qui m’a été attribuée, cette horreur qui me recouvre. Je veux me glisser hors de cette peau, partir vers d’autres cieux. Puisque ma conscience est intacte, ma souffrance est insupportable. Laissez moi ne plus être, moi qui ne suis pas.

 

 

Mon corps est une cage

 

 

Par Loic Le Prévot

 

 

« Qu’est-ce qu’elle est jolie ! ». Voilà une phrase que j’entendais souvent lorsque j’étais une petite fille. Je rougissais et me tortillais dans tous les sens, symptômes de ma timidité. Souvent ces petits signes distinctifs et excessifs de ma gêne s’accompagnait de petits rires crispés qui accentuaient l’attendrissement que ma famille et les amis de mes parents éprouvaient en me voyant. J’étais une petite fille bien sage et cela suscitait toujours l’émerveillement de tous ces pères et mères qui espéraient tant que leurs enfants puissent se comporter de la sorte. J’étais la petite poupée qu’ils auraient sans doute préférée avoir, celle qui obéit au moindre de leurs désirs. Je n’étais pas cet objet sans vie à qui l’on prête une âme et ravissait la petite fille que j’étais.

 

Quelques années plus tard, j’étais toujours aussi belle mais je n’entendais plus ces gentilles petites phrases à mon égard. Tout juste parvenais-je à deviner dans le regard des jeunes pubères que je croisais des « waouh ! » ou des « Elle est vraiment canon cette fille là ! ». A quatorze ans, je me sentis bien plus rapidement flattée que gênée. Je prenais conscience que mon corps était une arme, une arme fatale, une bombe séductrice prête à exploser au visage de celui qui ne se méfierait pas suffisamment.

 

Mais voilà, à quinze ans, la vie me réserva un tout autre sort, un sort inexorable auquel personne n’échappe : l’amour. Vladimir était grand, brun, froid et ses yeux d’un bleu hypnotique et surnaturel. Sur sa joue droite, une grande balafre le rendait plus sévère qu’il ne l’était vraiment. Je l’aimais.

 

Il me fit découvrir le plaisir des sens et j’étais devenue accroc à sa peau presque imberbe sous laquelle ses muscles fins agissaient sur moi comme des aimants. Amants, pôles opposés nous étions attirés. Il était bien plus âgé que moi, bien plus expérimenté et me fit également goûter à des plaisirs artificiels insoupçonnés. Je l’aimais, je l’écoutais et j’aurais tout fait pour le garder près de moi. Il me disait « Tu es magnifique ! » et je redevenais la petite fille que tout le monde voulait que je sois : jolie et docile.

 

Vladimir se procurait notre dose dans des coupe-gorge sordides. Nous y allions souvent ensemble et un soir de décembre, pour préserver mon corps de l’enfer, il a été emporté par une lame avide de quelques dollars.

 

Depuis je vis un enfer et vends à ceux qui en rêvent, la perfection dont je suis devenue prisonnière. « Qu’est-ce que t’es belle ! ». Plus jamais je ne veux entendre de telles foutaises ! Plus jamais je ne veux entendre des parents s’extasier niaisement devant leur enfant. Ils croient, sans doute, que ces minauderies aussi précieuses que ridicules vont permettre à leur sacro-sainte progéniture de s’épanouir. Arrêtez-cela ! Je vous en supplie, j’ai trop mal. Je veux être laide, hideuse et que cesse le va-et-vient de ces mains, de ces pupilles, de ces langues et de ces verges indécentes sur mon corps. Je n’ai pas de marques, pas de bleus, pas de cicatrices et j’appartiens aux canons de la perfection abjectes et perfides.

 

Mes longs cils sont des barreaux que seules quelques larmes viennent briser une fois le dernier client vidé.

        

  

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22 juillet 2010 4 22 /07 /juillet /2010 00:26

 

NUIT…

 

La nuit, la vie se fige, l’ombre est reine ; les couleurs, le temps, les gens, l’univers, se fixent, rigides.

L’inconscient et la fragilité s’aiguisent dans un ballet incessant et douloureux.

Tel un étrange miroir au travers duquel se reflètent joies, bonheurs et désespoirs, il est impossible à un être de ne songer à ses démons.

La douleur et la tristesse prennent le pas sur le vrai, le beau.

L’esprit fonctionnant sans la moindre pause, les pensées s’éparpillent ici ou là, au gré de leurs vagabondages ; éternelles étendues quotidiennes, heures ralenties par le souffle nocturne, l’homme redevient cet enfant, qui tout au fond de son lit écoute avec appréhension ces bruits terrifiants, et peine à détourner son regard de ces ombres menaçantes.

La vie se terre pour quelques heures.

L’homme ôte sa veste diurne afin de se retrouver nu, vrai, simple.

Seul face à lui-même il oublie sa hargne, sa hauteur, pour retrouver ses sentiments vrais ; et malgré ses quarante, soixante ou quatre-vingts ans, les traits tirés et vieillis qu’il observe dans le miroir, ses yeux voient ce petit enfant qu’il était ; qu’il est toujours dans un recoin de son être.

Seul au fond de son âme, qu’il est difficile de s’en évader…

Les monstres guettent l’instant, se réveillent et sortent de leurs tanières.

L’œil se ferme, les traits s’étirent et l’eau inonde, creuse ses sillons trempés, salés… honteux…

Les rigoles laissent leurs empreintes qui d’ici peu ne seront plus visibles, lorsque le soleil fera à nouveau un clin d’œil à la lune, l’invitant gracieusement à se coucher en emportant avec elle les pensées et les douleurs de ces âmes tristes ; pour quelques heures seulement, jusqu’à ce que l’astre lunaire, lesté de sa horde monstrueuse, fasse à nouveau un clin d’œil blafard au roi du ciel…  

 

Solar eclips 1999 4 NR


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11 juin 2010 5 11 /06 /juin /2010 22:19

Une colère contre un système qui ne sait plus, qui ne sait pas, ou tout simplement qui refuse de voir et savoir... L'homme n'est-il devenu qu'un numéro à traiter sans le moindre égard ? J'ose espérer que non, sinon notre société est bien mal engagée...


 

 

LETTRE A HYPPOCRATE


Un texte de Myrine LEROY



Cher Hippocrate,


Ma colère ne te parviendra pas. Mais je vais malgré tout l’exprimer là, ne serait-ce que par respect pour toi. Tu as engendré des kyrielles de disciples, qui font devant toi, un serment et jurent de le respecter. Soit.
Le mien, je l’ai fait devant Claude, Emile ou Edgar, des prénoms moins prestigieux sans doute, mais qui ont d’autres qualités. Parmi elles, celle de traiter l’exception avec un intérêt évident et partagé. Tout ce qui ne confirme pas la règle est patiemment étudié, élégamment pointé. L’insolite trouve son sens, son origine même, et n’est pas adressé à une prétendue sous discipline. La mollesse de ma science amortirait, quoiqu’il en soit, un tel retour.
La tienne est trop dure et ne fait pas suffisamment cas de l’empirisme. Le cas d’école, après avoir été énoncé, montré, est renvoyé, accusé de l’être, sans autre forme de procès.
Le syndrome de la patate chaude est-il celui d’une incompétence ou d’une indifférence à l’intérêt que l’incurable n’apporte plus ?
Il en est un qui est bel et bien souffrant depuis quelques années, mais dont personne n’a cure: c’est mon porte-monnaie qui, à force de défilés, est devenu anorexique. Car, l’inexactitude de ta science se fait cher payer !
Les violons de tes descendants devraient, de temps en temps au moins, s’accorder pour ne pas noyer le patient, qui ne l’est plus, dans une cacophonie technique inaudible.
Le copinage entre confrères, l’hypocrisie maladive incitent à chercher le salut vers quelques rebouteux d’un autre âge mais chez qui le mal a une chance d’être entendu.
Ce que le premier dit, entreprend et prescrit, le second s’empresse de faire le contraire, très exactement. Le troisième, plutôt que de pencher pour l’un ou l’autre, comme m’en enseigné un certain René, s’évertue à trouver une autre voie thérapeutique; sa voie… ou sa voix ??
Le soi-disant bien pire que le mal, encore et toujours.
Alors, mon brave Hippocrate, je t’imagine faire des bonds là où tu te terres. Quand l’étiologie échoue, aucune médecine ne peut réussir !
Le cas rarissime te salue.

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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 19:59

Un très beau texte de Aziz SEBBARH.

Une sensibilité incroyable, à lire sans modération...

 


LE BOSSU

 

 

Par Aziz SEBBARH

 


Le soleil au zénith, un centimètre de cheveux entre lui et moi, je regarde ma bouteille d’eau se vider aussi vite, que l’eau de mon corps.
La blancheur du sel sur ma peau masque les rides de la lenteur de mes pas.
Je me traîne tant bien que mal vers ce point d’eau à l’apparence d’un mirage, dans cette petite ville du Sud de mon imaginaire.

Sa bosse érodée par les yeux des passants, finira par s’aplanir à force d’y poser nos regards.
Elle et ses yeux m’invitent à la conversation.

D’une voix étrange et semblant venir d’ailleurs, il commence à me parler de son amas de graisse et de chair, déposé sur son dos par la grâce de Dieu.

- Dieu m’a offert cette infirmité pour, que je ne sombre pas dans l’isolement et l’indifférence des Hommes.
- Si Dieu t’a fait don de ce cadeau, il attend de toi bien des sacrifices encore.
- Le miracle de la Foi, n’est-il pas de croire aux miracles ?
- Je laisse le soin aux plus démunis d’y croire.
- Ta bosse à toi n’est pas visible, mais est bien plus douloureuse, que la mienne, elle n’est pas faite de chair, mais d’amertume, elle est la trame de tes souffrances, elle te ronge de l’intérieur.
- Je gère mon cancer au gré de mes rencontres et non dans les psaumes et les versets.
- Prie le Père, mon fils et tu trouveras le chemin du bonheur.
- Il y a bien longtemps, que j’ai fermé à double tour les portes du ciel et que j’ai jeté les clés dans la bouche de Dieu.
- Pour rien au monde, je n’échangerais ma bosse contre la tienne…




Aziz Sebbarh


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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 19:00

COQUILLAGES


Texte de Myrine LEROY

 

En panne de mots, je pars à leur recherche. Je foule alors des rivages, longe des plages. L’horizon me renvoie son infini et l’océan accoste dans une musique délicate ou fracassante. Sur le sable reposent des coquillages offerts. J’imagine au creux de chacun, un mot. Celui qu’il me faut se cache entre deux nacres. Il faudrait les ouvrir tous. Je dois pourtant choisir. Lequel entrebâiller, quelles mâchoires desserrer? Lequel recèle dans son antre la perle espérée, le mot juste ?
La forme du coquillage, rond comme une voyelle ou pointu comme la consonne jambée, me renseigne. Sa famille m’aiguille; je vais y découvrir un superlatif ou adverbe. Son histoire a, bien sûr, son importance; l’exactitude du sens en dépend souvent. Le souffle du coquillage compte aussi. J’imagine une prononciation labiale plus que dentale. J’aimerais sourire à son énoncé.
Longtemps j’ai arpenté la grève, séparé des coquilles, en vain. J’ai découvert de petites perles, de belles compositions. Mais elles ne correspondaient pas à ma quête. Elles ne possédaient pas l’arrondi parfait dans lequel lover le sentiment à exprimer. Leur brillance n’était pas celle de l’émotion à révéler.
Je pensais abandonner. Les perles ramassées étaient jumelles, pas rares. Il me manquait encore le mot, le seul et unique capable de qualifier cette chose encore tue. Le temps passait. J’éventrais les coquillages qui ne l’avaient pas été. Certains étaient vides. Les autres s’ouvraient encore sur la même rondeur pâle.
Une vague à l’écume fine se déroula lentement à mes côtés. Elle rejeta un petit coquillage ivoire. Je le sauvais du ressac et du sable abrasif. Dans ma main, il était léger et délicat.
Avec précaution, je l’ouvris du bout des ongles. Tout au fond, dans son intérieur, roulait la plus belle des perles… une belle bille noire, comme l’encre. Le hasard venait de faire échouer à mes pieds, le mot qui me faisait défaut, celui qui allait combler le vide, remplir le blanc.
J’ai saisi la perle noire, je la caressais. Dans ses reflets, le mot adéquat: oaristys.
Ce mot et sa magie, je le garde avec moi. Ceux qui l’ont rencontré, lu ou vécu, n’ont pu l’oublier. Il n’est pas le mien; je l’ai juste emprunté à l’océan des mots. Je remercie la vague amie qui l’a déposé.
Car comme le coquillage, je cache un trésor, une perle qui roule dans mon cœur.

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 14:11

Voici un texte poétique que je trouve particulièrement beau. D'une minuscule bulle d'eau salée, Myrine Leroy tire ces quelques lignes empreintes d'émotion...

 

LACRYMALE

 

Ecoulée sur la joue qui t’a reçue, tu es forcément plus légère… tu as déjà vécu !
Contenue, tu pèses lourd et étreint le cœur qui t’a déversée.
Ravalée, tu étouffes et vient grossir la boule coincée dans le fond de la gorge.
Dissimulée, tu es devinée, dénoncée ou pire, ignorée.
Essuyée, tu laisses une trace dans l’œil qui t’a portée.
En somme, tu es une vraie plaie quand tu as décidé d’exister.

Multiple, tu es aussi ce gros bouillon qui soulage.

D’émotion, tu n’es pas seule car accompagnée d’un sourire.
De crocodile, tu t’épanches dans le faux.
De joie, tu es forcément la plus belle des eaux.
De bonheur, jamais on ne voudrait te voir t’assécher.
En somme, tu es une merveilleuse manifestation.

Trop rare, tu fais le lit à la suspicion.

Abondante, tu impressionnes et amènes à toi la pitié.
Omniprésente, tu finis inutile froissée dans le mouchoir.
Judicieuse, tu peux rendre d’immenses services.
Justifiée, un doigt respectueux viendra t’emporter.
En somme, tu es la plus délicate des expressions.

Dans le partage, tu lies ou défais les liens.

Dans l’isolement, tu résonnes sans gêne.
Tu taches et noircis des pages.
Tu es toujours entière et réelle.
On t’aime ou te déteste.
En somme, tu fais juste partie de nous.

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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 00:13
L'ENVIE

Elle venait d'arriver.

Toute neuve, belle, charnue,
Un bébé dodu avec ses joues réservées à des séries de bisous en rafale.
Le cadeau de mes trente ans.
La gâchette recula lentement, puis le doigt se figea dessus jusqu'à la position critique.
Le coup déclencha la douleur ; la balle est la morsure de la chair, la blessure de l'être.
Rien d'autre ; l'arme est le corps.
Un cauchemar au delà du possible, la vie qui bascule dans une horreur indéfinissable, emportant tout, ravageant l'esprit comme le corps, dévastant ce qui fait l'humanité de chacun.
Incapable de se lever, corps tordu vrillant la tête et la plus farouche des volontés.
Un corps rompu aux douleurs, habitué à dépasser ses limites, vivant la douleur, la choyant comme une amie qui te colle et te dit "c'est bien continue, tu commences juste à y arriver".
Le mal tue un être ; la lobotomie n'est pas causée uniquement par le bistouri. La douleur est bien plus acérée et tranche dans le vif sans regarder ce qu'elle entaille.
Jeunes mariés, un bébé, et la réalité transformée en fiction.
Yeux ouverts chaque nuit à occuper chaque seconde d'éternité, chaque heure millénaire...
Et enfin la première sortie ; tentative laborieuse.
Heureusement que l'enfant ne marche pas. Elle aide à me soutenir tel un vieillard qui peine à poser l'un devant l'autre ses pieds usés par le poids des années...
Que peut-on offrir de beau quand rien ne donne le goût de la beauté, que peut-on faire quand le corps est cassé, et que le cerveau peine à avancer plus loin ?
La beauté du monde est dans les yeux de l'innocence, le poids du fardeau et de l'amour dans celui de la sagesse ; mais comment vivre sans ?
Toujours renverser la question face aux sollicitudes, ne pas répondre sous peine de ne plus s'arrêter, de ne plus trouver le moyen de cacher le trop plein, la douleur envahissante, brûlante.
Et l'Enfer se déchaîne, le souffle des braises rougeoyantes et de ses cendres hurlent à n'en plus finir.
La Force d'un être se découvre face au flux et reflux, se transcende au contact du ressac.
Les années passent, la guerre rugit, Tolstoï en rigolerait de cette absurde situation.
On s'habitue à tout, même à l'impossible.
Tout se gère, chaque nouveau pallier étant avalé et digéré, ouvrant la porte à un nouveau seuil...
A force de partager, on en vient à le vivre.
La Vie s'embellit, la vie s'assombrit, l'amour se fissure, l'Amour se bâtit.
Sourire autant que faire se peut, se battre sans se reposer.
Vaincre la différence, contrer l'indifférence.
Se battre contre soi, rageusement, pour ne pas défaillir.
Oser la vie pour ceux qui aiment, pour ceux qu'on aime.
Dépasser l'attraction abyssale et attraper le rayon d'or étoilé.
Ne plus le lâcher...

 

 





 
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9 décembre 2009 3 09 /12 /décembre /2009 00:19

LA DOULEUR...
Ennamie intime

Douleur, sœur quotidienne de nos tourments,

Telle une compagne au long cours,
S'immisce en nos sens pesamment.
Dans le silence bruyant de son ardeur,
Elle agit sans cesse, dévotement.
Insidieuse Amie des jours malheureux,
Toujours se glisse au premier plan.
Prometteuse complice d'instants heureux,
Elle nous désarmes cruellement.
L'acier froid de son autel laminera
Nos corps et âmes de son doux chant.
Un chant d'amour quand vient le soir,
La nuit qui passe enveloppant,
Engouffrant le jour et ses lumières.
Il n'est pas de repos pour corps vaillant,
Pas d'ailleurs pour ce combattant.
L'esprit tourmenté vacille et perd le fil,
Quand s'en vont ses sentiments,
La joie, le rire, fugaces espoirs devenus vains,
Font place libre aux irradiants tourments.
Douleur, compagne du désespoir,
Quand tu nous tiens entre tes bras aimants,
Permet à ton hôte de dériver,
S'en aller tout simplement.
Possessive compagne ta jalousie nous ronge,
Quand ni mots, ni larmes n'entendant,
Tu nous livres tes pervers récits.
Guerrier solitaire de ces tourments,
Seul ton esprit vaincra, ton cœur transpercera
Ce rideau de sang noir purulent,
où se déversera la fange épaisse,
de cet étrange vieillissement...
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Présentation

  • : Fibromyalgie
  • Fibromyalgie
  • : Ce site est consacré à la fibromyalgie et tout ce qui tourne autour de cette pathologie si douloureuse et du handicap qu'elle génère. Un des buts est d'en partager les connaissances et les conséquences souvent désastreuses qu'elle a à tous les niveaux de la vie. La fibromyalgie nous concerne TOUS, et de plus en plus ; elle est en passe de devenir un véritable phénomène de société, un problème de santé publique si aucune solution n'est trouvée rapidement. 3 millions d'enfants, de femmes, d'hommes, et sans doute davantage en raison d’erreurs chroniques de diagnostics et de l'aveuglement de certains médecins, en sont atteints en France, pays des droits de l'homme qui pourtant étouffe en permanence cette maladie handicapante et ignore de manière brutale les fibromyalgiques et les répercussions ultra-violentes que cette maladie ô combien douloureuse a sur les malades. On persiste à la qualifier de maladie nouvelle qui n'aurait que quelques dizaines d'années... C'est pourtant ignorer le fait qu'on en parle déjà au début du 19e siècle... le nom a évolué au bon vouloir des médecins, mais la maladie reste la même et provoque toujours plus de dégâts...
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  • David
  • Serial lecteur, musicophile invétéré, j'aime également plonger sur une page blanche et lui donner vie... la maladie n'est pas une finalité, elle est un renouveau qu'il faut apprivoiser.
  • Serial lecteur, musicophile invétéré, j'aime également plonger sur une page blanche et lui donner vie... la maladie n'est pas une finalité, elle est un renouveau qu'il faut apprivoiser.

Actualité

fibro autopsie couverture mercure dauphinoisfibro autopsie 4ème couverture mercure dauphinoisFIBROMYALGIE - AUTOPSIE D'UNE DOULEUR AU ZENITH

est en vente  sur le site des éditions Le Mercure Dauphinois :

 

 

http://www.lemercuredauphinois.fr/data/pages_site/nouveautes.php

  Article, extraits & avis des lecteurs : http://lunaire-iris-des-sens.over-blog.fr/article-fibromyalgie-renaud-hantson-114281522.html 

 

 

couverture Mise en ligne

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Article avec commentaires des lecteurs : MAUVAISES ONDES

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