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Ce site est consacré à la fibromyalgie et tout ce qui tourne autour de cette pathologie si douloureuse et du handicap qu'elle génère. Un des buts est d'en partager les connaissances et les conséquences souvent désastreuses qu'elle a à tous les niveaux de la vie. La fibromyalgie nous concerne TOUS, et de plus en plus ; elle est en passe de devenir un véritable phénomène de société, un problème de santé publique si aucune solution n'est trouvée rapidement. 3 millions d'enfants, de femmes, d'hommes, et sans doute davantage en raison d’erreurs chroniques de diagnostics et de l'aveuglement de certains médecins, en sont atteints en France, pays des droits de l'homme qui pourtant étouffe en permanence cette maladie handicapante et ignore de manière brutale les fibromyalgiques et les répercussions ultra-violentes que cette maladie ô combien douloureuse a sur les malades. On persiste à la qualifier de maladie nouvelle qui n'aurait que quelques dizaines d'années... C'est pourtant ignorer le fait qu'on en parle déjà au début du 19e siècle... le nom a évolué au bon vouloir des médecins, mais la maladie reste la même et provoque toujours plus de dégâts...

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BALLADE NOCTURNE POUR JACK, GLEN & TARJA...

 

Un thème sur la « balade nocturne ».

Des mots à placer, comme d’habitude :

Cynisme

Satanique

Chapeau

Soja

 

Et des histoires à lire…

 

----------------------

 

 

BALADE NOCTURNE

 

 Par David LASSALLE


Lorsqu’il se réveille enfin, Glen a la tête douloureuse et le corps fortement engourdi. Le froid est mordant et des frissons glacés le parcourent sans relâche. La couche sur laquelle il est allongé est particulièrement dure, et il n’arrive pas à bouger ses membres. L’obscurité est totale.

 

Qu’importe, après tout. Il est habitué à ces réveils étranges et désagréables qui malmènent son physique et son esprit. Et depuis qu’il a acheté un futon, il a plus souvent l’impression de dormir à même le sol que dans un lit digne de ce nom.

 

Pourtant quelque chose le dérange dans l’air ambiant ; un sentiment indéfinissable le tenaille. Une impression désagréable… Son corps n’a aucun tonus musculaire et son esprit est aussi gourd que ses membres.

 

Alors qu’une légère torpeur l’envahit à nouveau, il peine à se remémorer cette sortie à Paris avec Jack et Tarja.

 

***

 

Quoi de plus sympa que le quartier latin pour une soirée entre amis ? Arrondissement populaire et estudiantin, c’est le lieu rêvé pour avaler un sandwich grec et marcher le long des ruelles animées.

 

La période estivale permet de passer du bon temps. Les spectacles de rues sont légions et qui plus est gratuits.  

 

La nuit absorbe la foule ; les identités se perdent au profit de l’anonymat. L’impersonnel est roi. Paris est une fourmilière dans laquelle tout s’égare facilement.

 

Le trio passe sa nuit à errer de place en place, le long des quais de Seine. Les bars sont ouverts encore plus tard que le reste de l’année, et la bière coule à flots dans les veines des trois amis. Le rire fait place au cynisme lorsque la fatigue mêlée à l’alcool les entraine sur les pentes douteuses de la pensée bête et primitive.

 

Ils décident, alors que la nuit est déjà largement entamée, de chercher un endroit pour se restaurer, après ces longues heures de marche. Ils s’arrêtent finalement dans un drugstore encore ouvert, et dont les vitrines sont bien garnies. Jack et Tarja choisissent une salade composée, dans laquelle tentent de nager quelques pousses de soja aux prises avec une abondante sauce blanche. Glen s’arrête sur le plat de référence : un steak frites, le tout arrosé d’un litre de Pelforth.

 

Lorsqu’ils sortent afin de rejoindre les boulevards parisiens, Glen est tellement imbibé qu’il peine à tenir sur ses jambes. Ils marchent lentement, longeant la Sorbonne, afin de rejoindre le cœur du quartier latin. L’endroit est quasiment désertique à cette heure. La vie nocturne s’enfuit face à l’aube qui va bientôt poindre.

 

Alors qu’ils s’apprêtent à passer devant l’entrée des catacombes, Glen sombre dans le néant, brutalement. Jack et Tarja le soutiennent chacun d’un côté, tout en jetant un œil rapide autour d’eux. Le périmètre est vide, et les quelques passants sont suffisamment loin pour ne pas se rendre compte de ce qui se passe. Tarja évacue prestement la seringue vidée de son soporifique, qu’elle tient dans sa main gantée en la déposant dans une poubelle. Jack rajuste son chapeau en le rabattant sur le devant de son visage. Il sort une clé de la poche de sa veste et l’insère dans la serrure maintenant la grille d’accès aux Catacombes fermée. En l’espace de deux minutes, ils se retrouvent tous trois dans un couloir plongeant inexorablement vers les profondeurs parisiennes. Des signes ésotériques parcourent les murs épais. Des cercles de couleur rouge dans lesquels se trouve une plume… Des têtes de boucs, et autres sigles que ne peuvent comprendre les néophytes.  

 

Jack et Tarja en ayant assez de charrier leur fardeau, ils se décident à le prendre chacun par un pied afin de le trainer jusqu’à sa destination finale.  Après tout, pourquoi avoir la moindre considération pour celui qui a quitté l’ordre ?

 

Le pire, c’est que Glen n’a aucun souvenir de son appartenance à « l’église ».

 

Chaque membre subit une séance d’hypnose lorsqu’il manifeste le désir de se retirer. De telle sorte que toute pensée en rapport avec ses activités nocturnes et diaboliques soit définitivement effacée de sa mémoire.

 

Jusqu’à ce qu’une ultime tentative de raisonner cette âme en perdition soit envisagée et parfaitement orchestrée.

 

Quelques minutes plus tard, ils arrivent dans une immense pièce, où Glen est déposé, déshabillé et fermement attaché.

 

***

 

Alors que les phases d’éveil et d’endormissement se succèdent durant des heures, son esprit commence enfin à percevoir de plus en plus de choses autour de lui.

 

Sa conscience s'aiguise à mesure qu’il prend la mesure de son état.

 

Il n’est pas chez lui ; cela il le perçoit sans la moindre difficulté. Le froid qui lui cingle chaque centimètre de son corps lui révèle une absence totale de vêtements, ce qui le fait sérieusement paniquer. Glen a de plus en plus de mal à déglutir, et sent comme une boule d’angoisse grossir dans sa gorge, le menant sur des chemins obscures. Alors qu’il tente de remuer ses bras et jambes, une envie de hurler le saisit quand il ressent la morsure du métal sur ses poignets et chevilles.

 

Il ne semble pas y avoir quelqu’un d’autre dans la pièce.

 

Soudain, un halo lumineux se met à briller à quelques mètres de lui. Lueur fébrile qui ne le rassure pas pour autant. Et surtout qui ne lui indique absolument rien sur le lieu où il se trouve.

 

Quelques minutes plus tard une deuxième bougie s’allume. Il n’arrive toujours pas à distinguer quoi que ce soit. Quelle est la taille de cette pièce ? Et quel est le but de ce jeu de dingue ? Cette deuxième lumière lui arrache un cri alors qu’un flash violent lui laboure le cerveau avec une violence phénoménale. Des bribes de souvenirs inavouables se révèlent alors.

 

Les heures défilent avec une lenteur effrayante. Le ballet des bougies continue inlassablement. Chaque nouvelle flamme vacillante qui éclaire la pièce vient faire un peu plus le jour sur la raison de sa présence dans cette grotte.

 

Les flashs lui permettent d’assembler les pièces du puzzle petit à petit, à mesure que croit sa terreur.

 

Saint Michel et ses badauds, ses spectacles ; Jack et Tarja, prêtres d’un ordre qu’il a quitté quelques semaines plus tôt.

 

Il sait désormais sur quoi il est allongé… les bras et les jambes écartés épousent parfaitement les branches du pentagramme gravé sur le sol.

 

Nulle échappatoire possible pour celui qui quitte ses frères et sœurs. Il existe des liens qui ne se défont que pour mieux se resserrer et étouffer.

 

Et l’heure de  les reformer est venue…

 

Toutes les bougies sont allumées. Les murs révèlent l’endroit humide et inquiétant où Glen est allongé. Des signes sataniques parsèment la totalité de la grotte ; il les connait tous, un par un.

 

Comme il peut nommer tous ses anciens frères et sœurs qui s’avancent vers lui, vêtus d’une tunique sombre. La capuche dressée sur la tête empêche de voir les visages, augmentant le côté sinistre et solennel de l’exécution dont il va être l’objet.

 

Deux membres se détachent du groupe silencieux. Ses anciens amis sont là pour le punir, sentence purificatrice envers ceux qui se sont égarés.

 

Glen, terrifié par ce qu’il s’apprête à vivre, ne peut s’empêcher de hurler. Toutes les fibres de son corps se tendent à l’unisson jusqu’à provoquer une rupture d’anévrisme.

 

L’issue fatale lui évite de justesse les tourments et sévices qu’il était sur le point de vivre, mettant un point d’orgue à son repentir en même temps qu’à son existence…

 

Ses anciens compagnons rangent dans leurs fourreaux les dagues sorties tout spécialement pour l’occasion.

 

Pas une larme ne coule sur le visage de ses « amis ». Le cercle se brise, sans un regard pour celui qui a trahi.

 

 

BALLADE NOCTURNE SANS CHAPEAU

 

 Par Jean BEDROSSIAN

 

 

La lune pleine était masquée par les nuages sombres au cœur de la nuit. Le silence était perturbé par le claquement sonore de talons féminins sur l’asphalte. Le vent agitait les feuilles des arbres qui semblaient émettre un sifflement inquiétant. La silhouette de la personne qui s’était risquée à sortir par ce froid glacial se déplaçait nettement plus vite. Elle longea le long mur de pierres en s’écartant un peu pour regarder au loin. Soudain, elle s’arrêta avant de repartir plus lentement. Au loin, une silhouette se dirigeait vers elle. Machinalement, elle mit les mains dans les poches de son blouson noir, comme pour y chercher une arme pour se défendre en cas de besoin. Les deux personnages de cette nuit sinistre allaient se croiser dans quelques instants. Instinctivement, ils ralentissaient comme pour prendre la mesure de l’inconnu qui venait d’en face. A quelques pas l’un de l’autre, ils semblaient s’observer comme deux fauves prêts au combat.

- C’est sans danger, dit alors une forte voix masculine.

- Je vous demande pardon, répondit la voix féminine en écho.
- C’est sans danger, Tarja !
- Comment savez-vous qui je suis ?
- Facile pour moi !
- Pas pour moi, et vos énigmes ne m’amusent pas.
- Ok ! Ok ! Ok ! Pas de problèmes, Tarja. Tu n’as même pas reconnu ton ami Glen ?
- C’est peut-être parce que Jack n’est pas avec toi, que je ne t’ai pas remis tout de suite.
- Oui, on va dire ça ! Mais que fais-tu donc près du cimetière par cette nuit de pleine lune ?
- La même chose que toi, mon cher Glen !
- Ça m’étonnerait fortement.
- Que cherches-tu, Glen ?
- Mais je cherche du soja, je n’en ai plus ?
-
A ces mots, l’homme et la femme éclatèrent d’un rire sonore un peu forcé pour masquer la gêne de se retrouver au cœur de la nuit, près du cimetière. Ils s’observaient comme s’ils se voyaient pour la première fois.

- Dis-moi Glen, ne savais tu pas qu’il règne ici des créatures diaboliques ?

- Tarja ! Tarja ! tu ne vas pas me faire croire que tu crois aux esprits sataniques ?
- Je te répète ce qu’on m’a dit à plusieurs reprises.
- Satanique … Satanique … Est-ce que j’ai une gueule de Satanique ? Bon, je sais bien que Satan m’habite, mais quand même !
- Tu n’es pas obligé de faire preuve de cynisme, Glen.
- Cynisme … Cynisme … Est-ce que j’ai une gueule de Cynisme ?

Sans dire un mot, Tarja s’approcha de Glen et lorsqu’elle fut tout près de cet homme qu’elle appréciait beaucoup, sa main droite jaillit et claqua sur la joue de Glen. Celui-ci, visiblement surpris par cette agression inattendue, regarda la jeune femme avec stupéfaction. Il écarquillait les yeux et il ressemblait à un enfant pris en faute qui vient juste de recevoir une gifle, assénée par sa mère. Mais il n’avait commis aucune faute à son sens et Tarja n’était pas sa mère.

- Mais pourq ...
- J’en avais envie, l’interrompit Tarja.
- Ok ! Ok ! Ok !
- Tu parles comme ton pote Jack, maintenant ?
- Toujours quand je suis sidéré par une réaction imprévisible d’une jolie femme.
- Merci, mon petit Glen !
- Ne me remercie pas, ou alors dis moi pourquoi ?
- Pourquoi quoi ?
- Laisse tomber, cela n’a pas d’importance. Je te raccompagne, Tarja ?
- Me raccompagner ? Tu ne sais même pas où je vais.
- Aucun problème, j’irais là où tu vas.
- Ah oui ? En es-tu bien sûr ?
- A vrai dire, non !

Tarja plongea ses yeux dans ceux de Glen pour essayer de lire ce qu’ils pouvaient exprimer. Elle ouvrit la bouche mais Glen lui posa l’index de sa main droite sur ses lèvres entrouvertes. Il secoua lentement la tête de gauche à droite, puis il posa son regard sur elle, lui signifiant ainsi en langage muet que lui seul pouvait lire ce qu’elle ressentait. Uniquement en lisant dans son regard à elle. Elle le fixa en souriant d’un petit air moqueur, puis elle éclata de rire lorsque Glen écarquilla encore les yeux de stupeur.


- Pourquoi ris-tu ? Demanda-t-il.

- Si tu voyais ta tête, mon pauvre Glen.
- Ce serait bien si tu voulais bien préciser ta pensée.
- Oui, je pourrais, répondit-elle.
-
Un long silence s’ensuivit alors durant lequel ils se dévisageaient comme deux amants qui se découvrent pour la première fois. Un sourire moqueur apparut sur le visage de Tarja qui semblait trouver la situation d’un comique indescriptible.

- Tarja, tu as bu quelque chose ce soir ?

- Décidément, tu es égal à toi-même. Tu as besoin de croire que j’ai bu quelque chose, et tu penses sans doute à de l’alcool, simplement parce que je me trouve en pleine nuit ici. Tu ne peux pas imaginer un seul instant que j’aime marcher seule par une nuit de pleine lune.

Glen recula de deux pas et fixa de nouveau ses yeux dans ceux de la jeune femme. Il passa une main sur le haut de sa tête et il recommença plusieurs fois. Il était rarement déstabilisé mais cette fois-ci, il l’était vraiment. Il se demandait où voulait en venir Tarja et il ne comprenait pas. Il l’observa un long moment et elle le regardait avec une curiosité amusée.


- Je n’en ai pas, dit-il soudain.

- Oui, et alors ?
- Rien ! Je n’en ai pas, c’est tout !
- Mais de quoi parles-tu ?
- Ah ! il faut donc que je t’éclaire.
- Oui, c’est une excellente idée.
- Je n’ai pas de chapeau, je viens de m’en apercevoir en passant ma main sur mes cheveux.
- C’est encore une énigme, Glen ?
- Peut-être … ou peut-être pas !

   

 

 

NOCTURNE EN SCIE MAJEURE

 

 Par Christine LAVERNE

 

 

Le pinceau de la lampe-torche balayait d’une faible lueur jaunâtre le sentier, de gauche à droite, de droite à gauche. Une feuille, une branche, une autre feuille, un buisson, une autre branche, attention baissez-vous ! une ornière, attention à vos chevilles !
Petit monde vert foncé, touffu, dense, un instant dans la lumière avant de retourner à la sombre quiétude de la forêt. Bruissements d’arbres, pas hésitants, regards fixés sur le sillon laissé par la lampe et n’osant pas s’aventurer plus profond dans les futaies.
- Tarja, arrête ! Tu me donnes la nausée avec ce mouvement de balancier ! On fait une pause ?

Jack stoppa brusquement, prenant son chapeau pour s’éventer vigoureusement. Deux heures de marche, mais cette fille est complètement folle ! pensa-t-il…

- Allez, courage, nous ne sommes plus très loin du but. Tu sais, mon p’tit Jack, tu devrais faire un peu plus de sport….regarde-toi, tu es... heu… tout pâle et très rouge ! Je ne savais même pas que c’était possible !

Tarja se mit à rire, puis fouilla dans son sac à dos pour tendre une gourde.

- Tiens, c’est bon pour ce que tu as !
- Pfff, je vais très bien merci ! Jack prit un air faussement offensé avant de boire quelques gorgées…. puis de les recracher. Mais c’est quoi ce truc immonde ?
- De l’eau, Jack, rien que de l’eau ! Oui, je sais… quand elle n’est pas dissimulée dans un verre de Knockando, forcément….
- Tarja, un jour tu regretteras ton cynisme ! Et à force de boire des cochonneries tu finiras toute rouillée !
- Oui… mais non. le seul qui finira mal, c’est Glen avec son lait de soja. Comment est-ce qu’il peut ingurgiter des trucs aussi infects ?
- Ouais. Ben, en attendant, il est plus malin que nous… c’est pas lui qui rôde la nuit dans des forêts mal famées !

Tarja esquissa un drôle de sourire, puis montra un point, là, très loin, vers la gauche.

- Bon, c’est par là, on y va cette fois, et sans traîner.
- Et tu ne veux toujours rien me dire, hein ?
- Ben non… c’est une surprise, tu verras bien.
- Drôle de surprise, grommela Jack, deux heures de marche, la nuit, ici ! Tu as de ces idées, parfois… Méheuuu, quoi ? … Qui a éteint la lumière ?

Le pinceau jaunâtre venait de disparaître, avalé par les ombres. Le début du sentier finissait de serpenter dans le noir le plus absolu.

Les bruits environnants, soudain, devinrent plus mystérieux.
- Hum, désolée… je crois bien que la lampe vient de rendre l’âme…. Pas de chance !!
- Pas de chance, pas de chance… Oui !! Nous sommes au beau milieu de nulle part, sans lumière, sans plan, sans nourriture… sans GPS…. Aaahhhrghhhaa !! C’est quoi ça ?

Jack fit un bond sur le côté. A un peu plus d’un mètre, des feuilles venaient d’être secouées violemment. Une tache blanche s’estompa entre les silhouettes des arbres.

- Tarjaaaa… !! Là !! regarde !
- Quoi ? Il n’y a rien du tout.
- Mais si, y’a un truc qui vient de passer.
- Ben alors… s’il est passé, c’est que ce n’est pas un danger !!
- Que tu crois !! Que tu crois !! Vous les filles, vous ne savez pas ! Mais nous, les mecs, on sait bien que les fauves encerclent d’abord leur proie avant de leur sauter dessus !!
- Jack !! M’enfin !! y’a pas de fauve dans la forêt de Brocéliande !!
- M’ouais ! On dit ça… et puis on finit dans la gueule pleine de dents d’un Troll sans même sans rendre compte !
- Bon, Jack, ça suffit….. reprends-toi et on…. AAAHHHHhhhHHH !
- Tarja ! Tarja ! Lâche mon bras !! Je te signale que tu as des ongles ! Tu me fais mal !! Arrêteuhh !!
- Mais, mais.. tu as vu, hein, tu as vu !! Et moi aussi j’ai vu ! Là !!

Jack, pétrifié, regarda dans la direction indiquée par le doigt tremblant de Tarja. Une forme blanche louvoyait entre les arbres…. Quelques sons stridents tout d’abord… Puis un rire satanique s’éleva. Puis plus rien pendant quelques très longues secondes….La forme blanche restait là, face à eux.

Tarja tourna la tête, reprit sa respiration.
- Attends, Jack
- Attends ? Mais ?? Tarja ?? Mais bon sang qu’est-ce que tu fais ? Tarja ?

Tarja venait de plonger dans les buissons.

Un bruit de lutte, de branches qui craquent.
- Tiens, Jack, le voilà ton Troll !

Tarja émergea des buissons, poussant, tirant, une forme recouverte d’un drap. Une tête hilare apparut.

- Glen ? Glen c’est toi ?
Jack ne comprenait plus rien.
Glen laissa tomber le drap, et se redressa en s’époussetant. Tarja le chahuta gentiment.
- Allez, fais pas la tête ! On voulait juste te faire une surprise. C’est la saint Jean !! C’est un jour spécial !
- Tarja, tu étais au courant ? dis Jack en ébauchant une grimace entre sourire et reproche.
- Mais oui… Comme tu passes tes journées le nez dans tes bouquins de lutins, fantômes, et farfadets….c’était l’occasion de te chambrer un peu. Toutes ces histoires, c’est pour les petits n’enfants !
- Bon, on rentre et on va faire la fête pour de vrai, cette fois.

Les trois comparses commencèrent à rebrousser chemin, Glen en tête, suivi de Jack. Tarja fermait la marche.

Glen stoppa brusquement. D’un geste de la main gauche fit signe de se baisser rapidement, tandis que son index droit devant sa bouche leur intimait le silence.
Plus loin, ils virent une blanche rangée silencieuse, furtive, parsemée çà et là de quelques éclats d’or.
Des druides qui disparurent dans la nuit.

 

  

BALADE SINOPTIQUE

 

 Par Anne HURTELLE

 

 

  Balade Sinoptique…
Je m’appelle Jack. Profession : formateur en cynisme. Oui, ça existe. Je suis veuf et peu importe mon âge. La question que vous vous posez évidemment est : en quoi ça consiste « former au cynisme » ? Je vous explique. D’abord, il faut un cadre bien particulier pour mettre les apprentis cyniques en condition. Il est préférable que le jour ait cédé sa place à la nuit. En tous les cas, il faut une bonne dose d’obscurité car celle-ci génère des pensées spécifiques, de celles que l’Humain refoule d’ordinaire. C’est là que j’interviens : faire prendre conscience aux apprentis qu’en chacun d’eux sommeille un cynique qui ne demande qu’à s’exprimer. Je ne vous cache pas que j’assiste à de nombreux abandons ! Il faut avoir l’âme solide pour se confronter à un MOI réputé nocif et malsain. La première étape, c’est donc la balade nocturne, au cœur d’un bois. Certes, cela peut vous sembler quelque peu…convenu. Mais c’est ainsi, je ne suis pas là pour refaire le monde. Le décor planté, je me retrouve alors avec une dizaine de personnes, à la tombée de la nuit, blocs notes et stylos en mains dans un premier temps. C’est ensuite que vient la pratique…Ah oui, autre point de détail mais qui a son importance lui, quelle est la moyenne d’âge de mes débutants en cynisme ? Elle n’est pas. Comme les jeux de société vous savez, de 7 à 77 ans. Je dirais même, de 0 à l’orée de la mort. Dès lors que germe l’idée d’avoir un enfant, c’est déjà faire un pas vers le cynisme. Vouloir entrer dans la société par essence corruptrice, c’est s’abandonner à la subversion. Quant au moment du trépas, on se retrouve comme Diogène de Sinope, notre maître, prêt à être enterré comme un chien. Tenez, justement, voilà comment débute l’initiation à proprement parler. Mes apprentis doivent avant tout accepter de troquer leur peau d’humain contre celle d’un animal, un chien de préférence. Une sorte de jeu de rôle vers un retour à la Nature, l’unique, la seule capable de nous enseigner la Vertu. Cette première étape franchie, j’emmène mes disciples à pas de loup rencontrer le silence nocturne, affronter leurs peurs irrationnelles en entendant craquer les branches sous leurs pieds, les cris de bêtes non identifiées, le vent qui pleure dans les airs…L’obscurité nous entraîne vers l’inconnu mais je ne laisse jamais les futurs cyniques manquer de vigilance. Mais attention ! C’est d’une vigilance hargneuse qu’il s’agit, celle de l’animal en chasse qui doit apprendre à lutter contre les conventions sociales que l’être humain retrouve forcément une fois rentré chez lui. Petit à petit, au fil de la formation, nous ne nous contentons plus de l’apparence, nous Sommes, le temps de nos escapades nocturnes, des chiens qui aboyons, urinons contre les arbres…J’enseigne l’art de renoncer à toute vanité humaine, c’est ça la liberté du cynique. Après maintes balades dans les bois, la nuit devient pour mes élèves leur territoire, ils l’ont marqué. La Nature est de nouveau en eux. Lorsque la formation touche à sa fin, les meilleurs de mes apprentis savent exister vraiment dans notre société hypocritement puritaine. L’immoralité, impudence, manipulées avec jubilation font ainsi d’eux des provocateurs désinvoltes qui ont enfin le pouvoir de faire fi de la pseudo-bienséance. Alors le pari est gagné, la formation réussie et ils comprennent que pour toujours ils pourront rire de tout.
L’assemblée se lève dans un mouvement unanime et applaudit.
Glen : Mon cher Jack, vous êtes bel et bien des nôtres, aucun doute à ce sujet ! Tarja, ma belle prêtresse, qu’en penses-tu ?
Tarja : Tu as mon assentiment Glen…oui, Jack, vous entrez avec plaisir dans notre confrérie et pour sceller cet accord, je vous invite à porter très haut cette coupe emplie de soja, ressource essentielle de Dame Nature que nous glorifions nous aussi. A la santé du cynisme !

Jack s’exécute, l’air radieux puis…il éclate de rire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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N
<br /> <br /> Ton blog est vraiment très bien fait et c 'est marrant car je reconnais tes textes sans savoir  qui les a signé,  tes mots sont imprégnés par ton etat d'esprit , encore un peu<br /> black comme meme mais toujours très touchant. j'ai aimé aussi celui de jean, les autres sont très bien aussi. Continuez ainisi Msieu Dames et surtout toi david lâche toi. Je t'embrasse<br /> <br /> <br /> <br />
Répondre
D
<br /> <br /> Merci m'dame ,<br /> <br /> <br /> Ton commentaire me fait très plaisir ; très heureux que mon blog plaise !!!<br /> <br /> <br /> Pour mes textes, je me sens tout nu alors si on me reconnait aussi facilement hi hi hi <br /> <br /> <br /> J'ai l'impression que le côté sombre (de la force ? lol) me colle définitivement à la peau...<br /> <br /> <br /> Bisous, et merci encore Nyna !<br /> <br /> <br /> <br />