Ce site est consacré à la fibromyalgie et tout ce qui tourne autour de cette pathologie si douloureuse et du handicap qu'elle génère. Un des buts est d'en partager les connaissances et les conséquences souvent désastreuses qu'elle a à tous les niveaux de la vie. La fibromyalgie nous concerne TOUS, et de plus en plus ; elle est en passe de devenir un véritable phénomène de société, un problème de santé publique si aucune solution n'est trouvée rapidement. 3 millions d'enfants, de femmes, d'hommes, et sans doute davantage en raison d’erreurs chroniques de diagnostics et de l'aveuglement de certains médecins, en sont atteints en France, pays des droits de l'homme qui pourtant étouffe en permanence cette maladie handicapante et ignore de manière brutale les fibromyalgiques et les répercussions ultra-violentes que cette maladie ô combien douloureuse a sur les malades. On persiste à la qualifier de maladie nouvelle qui n'aurait que quelques dizaines d'années... C'est pourtant ignorer le fait qu'on en parle déjà au début du 19e siècle... le nom a évolué au bon vouloir des médecins, mais la maladie reste la même et provoque toujours plus de dégâts...
L'article situé sur le site de la Société Francaise de Rhumatologie est une approche différente de ce qui est généralement proposé et quantifié, mais est intéressante à lire ; je vous encourage également à regarder le diaporama qui se révèle éloquent :
Quantification de la fonction neuro-locomotrice dans la pratique hospitalière par analyse de la marche : application à des sujets fibromyalgiques
Paris
La marche humaine représente une activité complexe impliquant divers systèmes tels les systèmes musculaire, ostéo-articulaire, nerveux, … L'altération de la marche constitue dès lors un indicateur potentiel d'une pathologie. L'objectif de ce travail consiste à mettre au point une épreuve de marche susceptible d'objectiver une altération de la fonction neuro-locomotrice dans diverses situations pathologiques.
Cette étude se réalise chez 265 sujets volontaires contrôles âgés de 5 à 83 ans (144 sujets féminins et 121 sujets masculins), répartis en 9 classes d'âge et recrutés au sein de la population générale selon des critères d'inclusion stricts. Les données normatives établies sont confrontées à celles d'une population pathologique composée de 32 patientes fibromyalgiques (âgées de 30 à 60 ans et réparties selon des classes d'âge identiques), diagnostiquées selon les critères du Collège Américain de Rhumatologie. L'analyse tridimensionnelle de la marche est réalisée à partir d'un système ambulatoire d'accélérométrie triaxial (Locometrix Centaure Metrix, France) et d'une ligne de chronométrage. Le sujet marche à sa vitesse de confort, équipé de l'accéléromètre fixé à l'aide d'une ceinture élastique. L'épreuve, composée de 6 trajets rectilignes de 40 mètres, permet de suivre le profil des paramètres analysés tout au long de la distance totale parcourue (240 mètres).
La reproductibilité des paramètres analysés apparaît particulièrement
satisfaisante. Des données normatives sont établies par classes d'âge et par sexe au cours des 6 trajets que comporte cette épreuve. Une diminution (p > 0.05) de la
vitesse de marche confortable s'observe à partir de 60 ans chez les sujets masculins et de 70 ans chez les sujets féminins. Nous n'observons pas d'influence
significative du dimorphisme sexuel sur les paramètres analysés.
Les patientes fibromyalgiques démontrent une altération majeure (p < 0.05) des
paramètres vitesse, longueur de pas, régularité, puissance mécanique selon les 3 axes et coût énergétique comparativement aux données normatives. La réduction de la
vitesse de marche et de la longueur de pas (significative dès le premier trajet) apparaît majorée après 120 mètres. Cette observation reflète une certaine fatigabilité
des fibromyalgiques.
La marche de la population fibromyalgique s'avère plus lente et moins régulière. En outre, la fatigabilité apparaît accrue en dépit d'une puissance mécanique et d'un coût énergétique réduits. Ces observations mettent en exergue le « ralentissement fonctionnel » ou « bradykinésie » du fibromyalgique en relation avec d'éventuels mécanismes de kinésiophobie. Cette épreuve de marche, réalisée à allure confortable, et par conséquent compatible avec la majorité des affections rhumatologiques, locomotrices et neurologiques, pourrait offrir au clinicien un moyen simple et rapide en vue de quantifier les répercussions fonctionnelles d'une pathologie mais aussi les bénéfices d'une approche thérapeutique.
La quantification de la fonction neuromusculaire à partir d'épreuves maximales semble aujourd'hui critiquée pour des raisons diverses : mesures peu fonctionnelles, difficulté de mise en œuvre en pratique clinique, défaut de collaboration « maximale » du sujet en relation avec la douleur, … Cette épreuve de marche pourrait offrir un outil appréciable dans l'évaluation et le suivi longitudinal de la fonction neuro-locomotrice.