Ce site est consacré à la fibromyalgie et tout ce qui tourne autour de cette pathologie si douloureuse et du handicap qu'elle génère. Un des buts est d'en partager les connaissances et les conséquences souvent désastreuses qu'elle a à tous les niveaux de la vie. La fibromyalgie nous concerne TOUS, et de plus en plus ; elle est en passe de devenir un véritable phénomène de société, un problème de santé publique si aucune solution n'est trouvée rapidement. 3 millions d'enfants, de femmes, d'hommes, et sans doute davantage en raison d’erreurs chroniques de diagnostics et de l'aveuglement de certains médecins, en sont atteints en France, pays des droits de l'homme qui pourtant étouffe en permanence cette maladie handicapante et ignore de manière brutale les fibromyalgiques et les répercussions ultra-violentes que cette maladie ô combien douloureuse a sur les malades. On persiste à la qualifier de maladie nouvelle qui n'aurait que quelques dizaines d'années... C'est pourtant ignorer le fait qu'on en parle déjà au début du 19e siècle... le nom a évolué au bon vouloir des médecins, mais la maladie reste la même et provoque toujours plus de dégâts...
Un nouveau "duel" entre Jean et moi sur le thème du mariage religieux...
Les impératifs : Jack, Glen, Mariage ou Eglise.
de David LASSALLE
Il faut bien marquer ce jour d’une pierre blanche quand-même…
Dix ans ! Ça se fête, non ?
Jack a échappé à l’église la première fois, mais là…
Pourtant, une cérémonie civile est largement suffisante. Pourquoi aller s’emmerder avec des bondieuseries ?
Ah ! Les femmes ! A quoi cela peut-il servir de se marier à l’église quand on y est totalement opposé ? Jack n’a aucune envie de faire preuve d’hypocrisie, mais il souhaite faire plaisir à sa chère et tendre tout au fond de lui.
Son ami Glen le pousse sans cesse dans cette voie. Sans compter le reste de la troupe qui le titille dangereusement sur le sujet…
Mais Jack s’amuse de cette situation, et l’autodérision est reine de la partie.
Eglise. Oui, bien sûr c’est très beau à visiter, en vacances par exemple ; et dans ce contexte cela ne le dérange pas du tout. Parcourir un de ces vieux monuments, admirer sa structure, son style, et rendre hommage à ces bâtisseurs des temps anciens qui avaient du génie et de l’or dans les doigts est loin d’être contraignant.
Par contre, pour un mariage, la visite serait bien plus longue, et l’occasion radicalement différente...
Jack y pense malgré tout. Il ne peut pas faire autrement de toute façon, car sa femme lui remet en mémoire régulièrement. Des répétitions qu’elle espère utiles… Elle souhaite tant un changement d’avis de son mari ; mais le temps court, les mois passent, et le silence qui entoure le sujet ne fait que s’épaissir.
Dix ans déjà. Le temps file comme la lumière. On aimerait le figer parfois. Sur un moment de bonheur, un sourire, la vision de ses enfants en train de jouer. Fixer le bonheur et l’avoir en permanence juste devant soi. Comme une image collée sur la rétine, encre indélébile et salvatrice.
Jack a cédé une première fois il y a quelques années. Pour autre chose qui tenait à cœur à sa femme. Alors pourquoi accéder une nouvelle fois à une attente qu’il ne partage pas avec elle ? Un désir qui pour lui est un véritable fardeau.
La religion est pour Jack un sujet maudit. Il croit bien sûr, ce n’est pas le problème. L’univers et l’espèce humaine sont trop complexes pour n’être que le fruit d’une évolution que personne n’arrive à prouver d'ailleurs. Mais l’homme est avide, et cela le rend mauvais. Seule sa propension à se mettre en avant au détriment d’autrui l’empêche d’accéder à un état salvateur. C’est là que le bât blesse ; il veut la place de Celui qu’il est censé représenter. Là aussi baignent l’hypocrisie et la futilité.
Il ne supporte pas non plus tous ces détracteurs violents et les mystificateurs en tous genres. Les pseudos artistes qui enveloppent leur musique de messages anathèmes, voire satanistes. Comme dans ces pays nordiques, si magnifiques, où des fous furieux brûlent des églises, donnant à la jeunesse un modèle hideux à contempler.
Mais il aime provoquer malgré tout…
Dix ans de vie, d’amour, de bonheur, de peur, de douleur. On a beau dire que la vie est belle, elle est avant tout un combat sans merci.
Dix ans, c’est un peu aussi se poser, faire le point.
Et pourquoi ne pas se remarier ! Prendre l’occasion pour ce qu’elle est : une fête. Oublier les clichés. Passer outre ses convictions… ça c’est une autre histoire. Car il va falloir se battre avec l’homme de foi, et jouer carte sur table. Certains acceptent, d’autres non. Des curés vont faire la fine bouche face à un infidèle alors qu’une fois la bure enlevée ils deviennent eux-mêmes une pierre d’achoppement, dans l’ombre de leur vie.
Jack est complètement perdu dans ces réflexions qui ne mènent nulle part. Le « non » de son esprit clignote en lettres capitales surlignées de rouge, dans son cerveau. Il lui semble que ce pas est de trop. Une marche pesante comme une limite à ne pas franchir pour ne pas se départir de son intégrité morale.
Alors que faire ? Rendre heureux celle qu’il aime et sacrifier ses convictions ? Mais après tout que deviennent les convictions quand la pratique est absente ?
Mettre au ban ses opinions n’est-il pas se travestir d’une certaine manière ?
La balance ne cède ni d’un côté ni de l’autre dans le cœur de Jack et rien n’arrive à le décider.
Jack sait pertinemment qu’il regrettera de ne pas accéder au souhait de sa femme. Tout comme il sait que son regret sera aussi profond s’il accepte contre sa volonté.
Dix ans, et pas une once de sagesse en plus pour prendre une décision qui parait si simple au demeurant…
Pourquoi ne pas se donner dix ans de réflexion supplémentaire ? Une sorte de ‘ni oui ni non’, un terrain neutre qui n’engendre pas de blessure. Comme un point d’interrogation en suspend.
Après tout, ça n'empêche pas de s'aimer.
Dix ans, c’est long, mais si court…
de Jean BEDROSSIAN
Il était encore tôt quand un rayon de soleil filtra à travers les volets mal fermés. D’un geste de la main,
Jack essaya de chasser ce qu’il prenait pour un insecte sur son nez. Il s’agita encore quelques instants avant d’ouvrir les yeux et il fut ébloui par ce soleil matinal. Il allait refermer les
yeux quand il entendit frapper plusieurs fois à la porte de son appartement. Il pesta en se levant et il passa un peignoir pour faire passer un mauvais quart d’heure à ce visiteur qui ne
respectait même pas le sommeil du brave homme qu’il pensait être.
- C’est bon, arrête de frapper à cette porte. J’arrive !
Il ouvrit brutalement la porte et il fut immédiatement stupéfait lorsqu’il se trouva face à Glen, son ami de toujours.
- Qu’est-ce que tu me veux de si bonne heure.
- Ne me dis pas que tu as oublié, Jack !
- Oublié quoi ? J’ai passé une mauvaise nuit, alors pas de devinettes ! S’il te plait.
- Attend, tu ne te souviens vraiment pas ?
- Ben non ! Mais pourquoi tu portes un costume et une cravate ? T’as pensé à assortir ta cravate à tes chaussettes, au moins ?
- Jack, il va falloir que je la joue façon électrochoc ou quoi ?
- Je prends « quoi »
- Pardon ?
- Tu me demandes si je prends électrochoc ou quoi. Je te réponds que je prends quoi. C’est pourtant facile à comprendre.
Les yeux de Glen s’écarquillèrent de stupeur. Il observait son ami en se demandant si celui-ci essayait de le faire tourner en bourrique, comme il aimait tant le faire. Glen passa alors la main
droite sur le sommet de son crane, tout en frottant son menton de l’index de la main gauche.
- Glen, tu me fais un numéro de cirque avec tes mains, là !
- Tu te rappelles que tu es allé essayer un costume, il y a quelques jours ?
- Un costume de clown ?
- Arrête de te foutre de ma gueule, Jack !
A ces mots, Glen se débarrassa de sa veste de costume et défit rapidement sa cravate, qu’il jeta négligemment sur le canapé du salon. Jack fut surpris de la réaction de son ami, mais il n’eut pas
le temps de réagir lorsque Glen le poussa brutalement vers la salle de bains. Il tenta de se redresser mais Glen avait déjà ouvert le robinet d’eau froide et il appuya fortement sur le dos de
Jack, tout en lui passant le jet glacé sur la tête. Celui-ci sembla suffoquer et essaya de se débattre sans succès. Aussi brutalement qu’il l’avait saisi, Glen relâcha son ami et lui demanda s’il
devait continuer ou si cela suffisait.
- Pourquoi fais-tu cela, Glen ? Tu as perdu la tête ?
- Ouais ! c’est ça. Mais t’as intérêt à reprendre tes esprits très vite.
- Très vite ? Mais pourquoi ? je pige rien à tes conneries là !
- Jack, ça commence à bien faire ! Je te laisse dix minutes pour te raser et prendre ta douche. Et n’oublie pas de rincer derrière les oreilles avant de te brosser les dents.
- Sinon ?
- Tu verras bien …
- Ok ! Ok ! Ok !
Moins de dix minutes plus tard, Jack vint se planter devant Glen qui s’était installé dans le canapé.
- Bon, c’est fait ! C’est quoi le programme maintenant ?
- Il est où ton costard ?
- Dans la penderie, pourquoi ?
- Tu vas le mettre, bougre de con !
- Ok ! Ok ! Ok ! te fâche pas
- N’oublie pas de mettre la chemise et la cravate qui va avec. Et tu as aussi l’option slip et chaussettes ! Allez, GO !
Comme un automate, Jack obtempéra et revint quelques minutes plus tard dans le salon. Glen se leva et se mit face à lui. Il ajusta la cravate de Jack puis lui tapota affectueusement le
menton.
- C’est nettement mieux ! allez mets tes pompes et on y va !
Une fois de plus, Jack fit ce qu’on lui demandait mais il ne comprenait toujours pas ce qui se passait, ni pourquoi son ami était aussi brutal avec lui, ce matin.
Ils sortirent de l’appartement et se dirigèrent vers la voiture de Glen. Jack s’arrêta brutalement et observa ce véhicule qui lui était familier mais qu’il ne reconnaissait pas bien.
- C’est quoi ce délire, Jack ?
- Un délire ? quel délire ? j’ai pas vu de délire moi !
- On va à un mariage ? ta voiture est pleine de rubans blancs. Tu te maries aujourd’hui ?
- Jack, tu te rappelles ce que je pense du mariage ?
- Disons que j’ai un trou de mémoire. Tu veux bien me la rafraichir ?
- Alors écoute-moi bien ! Pour moi, se marier ou être pendu, c’est la même chose. Donc, tant qu’à faire, si je devais choisir, je prendrais « pendu »
- Moi aussi, répliqua Jack.
- Mauvaise réponse, Jack ! Toi tu prends « marié »
- Ah oui ? et pourquoi ça ?
A ces mots, Glen éclata d’un rire sonore qui ne semblait jamais vouloir d’arrêter. Il donna une bourrade dans le dos de Jack et le poussa en douceur vers l’automobile qui les attendait.
Lorsqu’ils furent assis, Jack ouvrit la bouche pour poser une question mais il restait sans voix.
- Tu me la joues poisson rouge ou carpe, demanda Glen. Si c’est poisson rouge, t’es pas dans le bon bocal. Si tu la joues carpe, tu peux ouvrir et fermer la bouche en faisant « burps ». Et je te
répondrais bonne bière.
Glen éclata encore de rire en observant le visage ahuri de son Podna.
- Bonne bière ! elle est bien bonne celle là !
- Tu peux m’éclairer encore une fois, Glen ?
- Disons que les soirées foot-pizza-bière, c’est terminé pour toi. Remarque, te plains pas ! T’auras du SDE à volonté. Mouah ah ah ah ah ah
- SDE ? c’est quoi encore cette connerie ?
- Au cas où tu l’aurais oublié, ta petite femme adore le Sirop D’Érable et elle va te le faire partager. T’as de la veine sur ce coup-là ! Elle n’a jamais voulu m’en donner !
Glen mit le moteur en route et prit de la vitesse pour s’intégrer à la faible circulation matinale. Il regardait droit devant lui, sans dire un mot, visiblement concentré sur sa conduite. Ils
arrivèrent tout près d’une église et Glen se gara, puis il coupa le moteur.
- Allez, Jack ! on y va puisque c’est ton jour de chance !
- C’est une blague ou quoi ? elle est de mauvais gout en tout cas.
- Tu me diras si le SDE a meilleur gout alors ! Let’s go podna !
- Attends une minute, Glen. Si je me marie, c’est avec qui ?
Une fois de plus, Glen explosa de rire tout en essayant de reprendre le contrôle.
- Tu sais quoi, Jack ?
- Quoi ?
- T’as pas seulement l’air d’un con … t’es vraiment con ! Mouah ah ah ah ah ah ah ah