Ce site est consacré à la fibromyalgie et tout ce qui tourne autour de cette pathologie si douloureuse et du handicap qu'elle génère. Un des buts est d'en partager les connaissances et les conséquences souvent désastreuses qu'elle a à tous les niveaux de la vie. La fibromyalgie nous concerne TOUS, et de plus en plus ; elle est en passe de devenir un véritable phénomène de société, un problème de santé publique si aucune solution n'est trouvée rapidement. 3 millions d'enfants, de femmes, d'hommes, et sans doute davantage en raison d’erreurs chroniques de diagnostics et de l'aveuglement de certains médecins, en sont atteints en France, pays des droits de l'homme qui pourtant étouffe en permanence cette maladie handicapante et ignore de manière brutale les fibromyalgiques et les répercussions ultra-violentes que cette maladie ô combien douloureuse a sur les malades. On persiste à la qualifier de maladie nouvelle qui n'aurait que quelques dizaines d'années... C'est pourtant ignorer le fait qu'on en parle déjà au début du 19e siècle... le nom a évolué au bon vouloir des médecins, mais la maladie reste la même et provoque toujours plus de dégâts...
C’est quoi ce bordel ??
Par Anne
- « On a pris la bonne décision Tarja, j’t’assure !
- Oui mais imagine qu’un sadique nous enlève !
- Oh la la…tu r’gardes vraiment trop la télé toi hein !
- Les infos surtout ! N’empêche que j’ai peur Glen…et puis nos parents…
- Quoi nos parents ? Nos parents c’est des cons ! Tu l’sais autant que moi ! C’est eux qui nous ont poussés à fuguer, c’est leur connerie Tarja !
- Je sais mais…
- Arrête ! Tu f’r’ais mieux de dépenser ton énergie à lever le pouce, merde alors ! C’est moi qui fais tout le boulot ! En plus, le stop, ça marche mieux avec une fille, c’est connu.
- Ah ben oui c’est sûr, les kidnappings aussi ça marche mieux avec les filles qui font du stop, ça aussi c’est bien connu !
- Ah ouais ? Et les p’tits mecs qui attirent les pédophiles, tu sais, ceux qui font semblant d’avoir fait tomber leur savonnette pour mieux les enculer après !
- Ben oui, je sais, tu vois bien qu’on est en danger tous les deux !
- Bon, j’en ai marre moi hein ! Si tu veux plus la faire c’te fugue, rentre à la maison, tu m’fais chier là ! »
Tarja ne dit plus un mot. Elle savait que lorsque son frère haussait le ton comme ça, il valait mieux ne rien répliquer. Et faire demi-tour lui semblait impensable sans lui. Jumeaux jusqu’au bout de leurs bêtises depuis tout petits, ils étaient inséparables, pour le meilleur et pour le pire. Alors, quand leur père avait, une fois de plus, joué du ceinturon sur eux, Tarja n’avait pas hésité à suivre son frère dans l’aventure fugueuse. Une mère alcoolique, cumulant dépression sur dépression, un père tellement désarmé qu’il usait plus facilement de la violence que de l’amour, les arguments ne manquaient pas pour fuir la maison familiale disloquée. De toute façon, Glen et Tarja avaient loupé leur année scolaire, le bac, ils ne l’auraient pas, ils en étaient convaincus. Et puis…ce foutu bac…à quoi il pouvait bien leur servir ?
Ce matin de mai, les jumeaux avaient donc très tôt préparé un paquetage, direction…loin ! Ils avaient pris soin de piquer quelques billets que leur père gardait au chaud, en cas de crise. Ce dernier pensait que sa cachette en était vraiment une. Mais Glen et Tarja avaient vite repéré le petit manège de leur paternel quand celui-ci allait bricoler dans la grange. Le mini butin était bien planqué, oui. Mais Glen avait toujours su espionner sans jamais se faire remarquer. Alors, la planque n’en n’était pas une pour lui. Un petit pactole dont leur ivrogne de mère ignorait l’existence. Elle avait déjà du mal à se rappeler le prénom de ses enfants !
- « Dis Glen…
- Quoi encore ?
- Et si du coup, c’était maman qui prenait la dérouillée à notre place ?
- L’autre abruti n’a pas attendu notre fuite pour ça, pauv’naïve ! Tu préfères vraiment fermer les yeux sur ce qui fait mal toi hein !
- C’est pas ça mais…
- Mais, mais…si, c’est ça ! Et franchement, qu’est-ce qu’on en a à foutre que l’alcoolo qui nous sert de mère se prenne une rouste ?? Elle nous a aidés elle en passant son temps à cuver ??
- Oui, je sais…
- Bon, alors ! Pas la peine de te faire du mouron pour elle, pigé ?
- Oui Glen, t’as raison…et s’ils lancent un avis de recherche, on va se faire repérer, on est foutus !!
- À l’heure qu’il est Tarja, la vieille s’est certainement pas rendue compte de notre absence et le vieux, il doit être bien tranquille devant ses matchs de catch, à gueuler plus forts que ces connards de commentateurs ! Ils sont débarrassés sœurette, t’inquiète… C’est nous qui leur rendons service en décampant, crois-moi.
- Ouais, p’tet…et les copains ?
- Quels copains ?? T’es vraiment con avec tes illusions ! On n’a pas de vrais copains ! T’en connais un seul qui soit venu une seule fois à notre rescousse ?? Et ben non ! Tu peux pas me prouver le contraire.
- Quand même, Jack…
- Jack ? Il est gentil mais c’est un brave con, un tir au flanc ! Trop trouillard pour affronter la réalité de merde ! Allez, pleure-pas p’tite sœur, on va s’en sortir. Tu m’fais confiance ?
- Comme toujours Glen, tu l’sais…
- Alors, repose-toi sur moi et arrête de te triturer les méninges pour des conneries, tu t’fais du mal. On va prendre un nouveau départ, ça va être chouette, j’te l’promets ! »
Sur ces paroles réconfortantes, Tarja avait fait cesser son processus lacrimal et s’était remise au boulot. Requinquée par son frangin, elle arborait son plus éclatant sourire, le pouce en l’air, regardant néanmoins les voitures s’éloigner les unes après les autres. Mais elle ne perdait pas espoir. Une bagnole allait bien finir par remarquer leur pancarte affichant « Vers Bandol » Et même si on ne les conduisait pas jusque-là, au moins ils avanceraient.
Les minutes s’écoulèrent tandis que le jour déclinait.
- « J’en ai marre Glen. J’ai fait des efforts pourtant…
- Je sais Tarja, je sais…on va p’tet devoir se remettre en marche plus activement pour atteindre un village où on pourra manger et dormir. Demain, on y verra plus clair. Allez, courage ! »
Le sac à dos sur les épaules de Glen, les jumeaux reprirent leur marche lascive mais déterminée. Sept kilomètres jusqu’au prochain patelin, annonçait un panneau directionnel.
- « T’as mis tes bottes de sept lieues Tarja ?
- J’ai pas envie de rire Glen, j’fais déjà ce que j’peux pour tenir encore debout.
- Oui je sais…je voulais juste te redonner le sourire…
- C’est sûr que c’est pas avec tes citations fétiches du Marquis de Sade que t’aurais pu déclencher un rictus ! »
Les deux complices eurent alors leur premier fou rire, nerveux, sans doute, mais comme il leur faisait du bien ! À tel point qu’ils ne s’aperçurent même pas qu’une voiture venait de s’arrêter non loin d’eux. Un jeune homme descendit du véhicule et se dirigea vers les fugueurs.
- « Mais…non, j’le crois pas ! Tarja, regarde, c’est Jack !
- Qu’est-ce qu’il fout là ?? »
La réponse ne se fit pas attendre, leur pote de lycée arrivait à leur niveau, une besace sur l’épaule.
- « Et oui, les amis, je crois qu’on est dans la même galère nous trois !
- C’est pas possible Jack…j’comprends pas, tu vas où ?
- Euh…à…Bandol ! »
Les trois compères rirent à l’unisson ; échange d’embrassades, d’accolades puis Jack raconta les déboires familiaux qui l’avaient conduit à fuguer lui aussi. Cela redonna la pêche aux jumeaux qui se sentirent soudainement moins seuls. C’est ainsi que les trois amis reprirent leur périple jusqu’à atteindre le village. Là, ils trouvèrent un piteux hôtel mais cela ne les arrêta pas, ils étaient bien trop épuisés et n’avaient même plus faim. Après avoir payé le gros monsieur de la réception, ils prirent la clef de leur chambre commune. Ils ne mirent pas longtemps à s’endormir malgré la literie plus que douteuse et les odeurs nauséabondes persistantes.
Au petit matin, leur porte s’ouvrit. Glen et Tarja dormaient profondément dans le même lit, tandis que Jack ronflait bruyamment dans un autre. Ils finirent par tout de même s’éveiller subitement lorsqu’ils sentirent la présence de plusieurs personnes. Des femmes au regard libidineux, les seins dégoulinants, les fixaient avec intensité.
- « Alors, les chéris, bien dormi ? D’attaque pour le boulot ? Ah oui, pas la peine de hurler, les portes sont toutes capitonnées, je préfère vous prévenir, ça vous évitera de dépenser une énergie qui va vous être précieuse !
- Mais…
- Tarja, arrête avec tes « mais » ! Tu vois pas que c’est une farce ??
- Une farce jeune homme ?...hum…oui, on n’a qu’à appeler ça comme ça, c’est amusant en effet !
- Qu’est-ce qui est amusant au juste euh…madame ?
- Qu’il est chou à m’appeler madame ! Toi, tu dois être Jack pour être si poli…le p’tit branleur là, ce serait bien le fameux Glen ! Et forcément, la demoiselle, on sait…
- Mais vous savez quoi ?? Oh, c’est quoi ce bordel ??
- Exactement ! C’est ça, un bordel !
- Quoi ?? Glen…
- T’inquiète Tarja, je suis là…
- Mais après mes mignons, vous allez être un peu séparés, les clients n’aiment pas tous les jeux à plusieurs !
- Les « clients » ?? Bon, on se casse, Tarja, Jack, venez !
- Vous casser où ? Pas chez vos parents, pas la peine, on a passé un accord.
- Glen, qu’est-ce qu’elle raconte ??
- Tarja, j’en sais rien moi !! Arrête de flipper tout le temps, c’est pénible !
- Ah oui, c’est bien toi Glen…c’est comme ça que t’a décrit ton père : teigneux !
- Mon père ? Vous avez parlé à mon père ??
- Je vais vous dire une chose les enfants, fuguer, ça s’improvise pas, on laisse pas traîner ses papiers dans le premier hôtel venu ! Alors, évidemment, rien de plus facile pour avoir vos noms etc etc…comme ça, pas de temps perdu ! Et puis, franchement, ils sont supers vos parents à vous trois hein…pas difficile la négociation avec eux !
- Quelle négociation ?? Mais merde, dites-nous ce que vous trafiquez !!
- Vous ! On fait du trafic de vous ! Et j’avoue que la tâche a été facilitée, vu que vos parents ne veulent plus vous revoir…bon, c’est pas tout ça mais y a du boulot les marmots si on veut une vie de château ! »